Des Gaulois au XIe siècle
"Nos sources d’information directe sur le Xe siècle sont presque inexistantes, mais quelques chroniques du XIe siècle évoquent des événements cataclysmiques. Le moine Raoul Glaber (« le Chauve »), écrivant vers 1040, mentionne qu’en décembre 997 « apparut dans les airs un admirable prodige : la forme, ou peut-être le corps lui-même d’un immense dragon, venant du nord et qui se dirigea vers le sud, avec des éclairs éblouissants. Ce prodige terrifia presque tous ceux qui le virent dans les Gaules. »"
« le mont Vésuve, qu’on appelle aussi la Marmite de Vulcain, dont les bouches s’étaient multipliées, vomit une quantité gigantesque de rochers énormes mêlés de soufre enflammés, qui tombèrent jusqu’à trois milles de distance, et dont les effluves putrides rendirent tout la région inhabitable. [...] À la même époque, presque toutes les villes d’Italie et de Gaule furent détruites par des feux ; la ville même de Rome fut consumée par un énorme incendie. [...] Une épouvantable maladie sévissait alors parmi les hommes, une sorte de feu invisible, qui brûlait et séparait du reste du corps les membres auxquels elle s’attaquait. Beaucoup d’entre eux furent consumés en l’espace d’une nuit par la brûlure de ce feu. [...] À la même époque [997], se produisit une terrible famine qui sévit durant cinq années sur tout le monde romain [in universo Romano orbe] : il n’était aucune région où l’on ne parla de misère et de manque de pain ; une grande partie du peuple mourut de faim. En de nombreux endroits, cette faim atroce poussait à consommer non seulement des animaux immondes ou des reptiles, mais aussi la chair d’hommes, de femmes ou d’enfants ; on ne respectait rien, pas même les liens de la parenté, si bien que la cruauté de la famine portait les fils déjà adultes à dévorer leurs mères, ou celles-ci, oublieuses de l’amour maternel, à faire de même avec leurs enfants10. »"
"« Une grande partie de ce que nous pensons savoir sur le début du Moyen Âge a été déterminée par les problèmes et les préoccupations changeantes des hommes et des femmes du XIe siècle, et non par ceux d’un passé plus lointain. Si nous ne comprenons pas les structures mentales et sociales qui ont agi comme des filtres, supprimant ou transformant le passé reçu au XIe siècle en termes de besoins présentistes, nous sommes condamnés à mal comprendre ces siècles précédents11."
"Un millénaire de trois siècles ?: Une introduction au récentisme" par Laurent Guyénot.
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